Il y a des jeux qu’on comprend en quelques secondes, mais qu’on peut passer des heures à essayer de maîtriser. Arkanoid: Revenge of Doh fait clairement partie de cette catégorie.
Suite directe d’Arkanoid, ce casse-briques signé Taito reprend une formule très simple : une balle, une raquette, des blocs à détruire et beaucoup de réflexes. Sorti d’abord en arcade en 1987, le jeu a ensuite été adapté sur de nombreuses machines, dont le PC DOS. MobyGames indique une sortie arcade en juin 1987, puis une version DOS publiée en Europe en 1988 par Imagine Software et aux États-Unis en 1989 par Taito America.
Sur le papier, c’est presque basique. En pratique, Revenge of Doh est un jeu rapide, nerveux, parfois injuste, mais toujours très accrocheur. C’est le genre de jeu qu’on relance pour “juste une partie”, avant de se rendre compte qu’on vient de perdre vingt minutes.
Arkanoid: Revenge of Doh

Développeur
Taito
Sortie originale
1987 Arcade
Genre
Casse-briques, arcade, action
Éditeur
Imagine Software / Taito America
Version DOS
1988
Catégorie
Jeu classique, jeu arcade, jeu difficile
Un principe simple, mais redoutable
Dans Arkanoid: Revenge of Doh, le joueur contrôle le Vaus, une petite barre située en bas de l’écran. Son rôle est simple : renvoyer une balle vers le haut pour détruire tous les blocs du niveau.
Si la balle tombe en bas de l’écran, on perd une vie. Si tous les blocs destructibles disparaissent, on passe au niveau suivant.
Ce principe vient directement de la famille des jeux inspirés de Breakout, mais Arkanoid ne se contente pas de copier la formule. Il y ajoute des ennemis, des bonus, des blocs spéciaux, des trajectoires piégeuses et une vraie sensation de progression.
Revenge of Doh reprend cette base et la rend encore plus riche. Le jeu ajoute de nouveaux niveaux, de nouveaux dangers et une structure plus variée. Certaines versions domestiques proposent aussi un éditeur de niveaux, ce qui donne au jeu une durée de vie plus intéressante que le simple enchaînement des stages.

Pourquoi cette suite fonctionne
Une bonne suite doit faire deux choses : garder ce qui marchait et ajouter juste assez de nouveautés pour relancer l’intérêt. Arkanoid: Revenge of Doh fait exactement ça.
On retrouve les sensations du premier Arkanoid :
- la balle qui accélère ;
- les angles difficiles à contrôler ;
- les bonus qui tombent des blocs ;
- les niveaux qui demandent de la précision ;
- la frustration quand la balle passe à quelques pixels de la raquette.
Mais cette suite paraît plus dense. Il y a plus de situations, plus de variations et plus de pièges. Le jeu donne souvent l’impression de tester les nerfs du joueur. On croit avoir la balle sous contrôle, puis un rebond étrange ou un ennemi mal placé vient tout casser.
C’est aussi ce qui fait son charme. Le jeu n’est pas confortable. Il est fait pour être rejoué, appris, raté, puis recommencé.
Des bonus qui changent vraiment la partie
Arkanoid ne serait pas aussi accrocheur sans ses bonus. Certains transforment la raquette, d’autres modifient la balle ou permettent de passer plus vite au niveau suivant.
Parmi les bonus typiques de la série, on retrouve l’idée de :
- ralentir la balle ;
- agrandir la raquette ;
- attraper la balle ;
- tirer sur les blocs ;
- multiplier les balles ;
- ouvrir une sortie vers un autre niveau.
Dans Revenge of Doh, ces bonus ne sont pas seulement décoratifs. Ils peuvent sauver une partie, mais aussi mettre le joueur en danger s’il prend le mauvais au mauvais moment. Le bonus laser, par exemple, peut rendre certains niveaux beaucoup plus simples. Mais encore faut-il survivre assez longtemps pour l’utiliser correctement.
C’est une des forces du jeu : il reste simple à comprendre, mais il devient vite tactique. On ne regarde pas seulement la balle. On surveille aussi les blocs, les ennemis, les capsules qui tombent et la position de la raquette.

Un jeu hérité de l’arcade
Il ne faut pas oublier que Revenge of Doh vient de l’arcade. Et ça se sent.
Le jeu est conçu pour être immédiat. Pas besoin de lire un manuel pendant une heure. On lance, on bouge, on renvoie la balle. En quelques secondes, tout est compris.
Mais l’arcade, c’est aussi une difficulté sèche. Le jeu ne cherche pas à accompagner doucement le joueur moderne. Il demande de la concentration, des réflexes et parfois une bonne dose de patience.
Sur DOS, cette origine arcade se ressent encore plus. La présentation est simple. Le confort dépend beaucoup de la version, de l’émulation et du contrôle utilisé. Avec un clavier, le jeu reste jouable, mais une souris ou un contrôleur adapté peut rendre l’expérience plus agréable.
Ce qui a bien vieilli
Le gros point fort d’Arkanoid: Revenge of Doh, c’est que son principe n’a presque pas vieilli.
Casser des blocs avec une balle reste satisfaisant. Les règles sont claires. Les parties sont rapides. On peut y jouer cinq minutes ou s’accrocher plus longtemps pour progresser.
Le jeu fonctionne encore parce qu’il repose sur des sensations simples :
- anticipation ;
- précision ;
- réflexe ;
- prise de risque ;
- envie de recommencer.
C’est le genre de gameplay qui traverse assez bien les générations. Même si l’habillage est très ancien, le coeur du jeu reste efficace.
Ce qui a moins bien vieilli
Le plus gros problème, aujourd’hui, c’est la rigidité de certaines sensations.
Selon la version jouée, les contrôles peuvent sembler un peu secs. La balle peut devenir très rapide. Certains niveaux donnent l’impression que le jeu ne laisse presque aucune marge d’erreur. Pour un joueur habitué aux jeux modernes plus souples, ça peut être rude.
Il faut aussi accepter une présentation très arcade. On n’est pas dans un jeu qui raconte une grande histoire ou qui multiplie les récompenses. Le plaisir vient surtout du score, de la progression et du fait de réussir un niveau qui semblait impossible.
Autrement dit : si tu aimes les jeux immédiats et exigeants, c’est très bon. Si tu veux une expérience douce et confortable, c’est moins évident.
IMAGE
Une bonne porte d’entrée vers les jeux arcade sur PC ?
Oui, mais avec une nuance.
Arkanoid: Revenge of Doh est très facile à comprendre. Sur ce point, c’est une bonne porte d’entrée vers le rétro PC. On n’a pas besoin de connaître les RPG à l’ancienne, les commandes DOS compliquées ou les jeux d’aventure à verbes.
Par contre, il est difficile à maîtriser. Un enfant ou un joueur débutant peut comprendre le jeu immédiatement, mais il risque aussi de perdre très vite.
Pour découvrir le DOS sans se décourager, il vaut mieux le présenter comme un jeu de défi rapide, pas comme une aventure à finir absolument. On peut lancer une partie, essayer de battre son score, passer quelques niveaux, puis revenir plus tard.
Pourquoi y jouer aujourd’hui ?
Il y a trois bonnes raisons de relancer Arkanoid: Revenge of Doh aujourd’hui.
La première, c’est son importance dans l’histoire des casse-briques. Le jeu représente une époque où l’arcade influençait encore beaucoup les jeux sur ordinateurs personnels.
La deuxième, c’est son efficacité. Il n’y a pas de gras. Pas de longs menus. Pas d’explications interminables. On joue immédiatement.
La troisième, c’est son côté “encore une partie”. Même quand on perd, on a souvent envie de recommencer, car on sait exactement ce qu’on aurait dû mieux faire.
Revenge of Doh n’est pas forcément le jeu DOS le plus impressionnant visuellement. Ce n’est pas non plus le plus confortable. Mais il reste un excellent exemple de jeu simple, dur et addictif.
Verdict Pixel Disquette
Arkanoid: Revenge of Doh mérite-t-il encore d’être lancé aujourd’hui ?
81%
Note générale
Points forts
- Principe immédiat et toujours efficace
- Parties rapides et accrocheuses
- Bonus qui changent vraiment le rythme
- Bonne suite du premier Arkanoid
- Très bon jeu pour une session courte
Points faibles
- Difficulté parfois brutale
- Contrôles moins confortables au clavier
- Présentation très simple aujourd’hui
- Peut devenir frustrant rapidement
- intérêt limité si on n’aime pas le scoring
Prise en main actuelle
Facile à comprendre, difficile à maîtriser.
Les règles sont évidentes, mais la vitesse de la balle et la précision demandée peuvent vite surprendre.
Pour qui ?
Pour les amateurs de casse-briques, de jeux arcade DOS, de scoring et de défis courts mais nerveux.