Avant The Elder Scrolls: Arena, avant Daggerfall, et bien avant que Bethesda devienne associée aux grands RPG en monde ouvert, le studio a beaucoup expérimenté. Parmi ces expériences, il y a une série de jeux sous licence Terminator. Et au milieu de cette période se trouve The Terminator: Rampage.
Sorti sur DOS en 1993, développé et publié par Bethesda Softworks, The Terminator: Rampage est un FPS en labyrinthe, inspiré par la vague lancée par Wolfenstein 3D.
Sur le papier, l’idée est séduisante : des bases militaires, des machines de Skynet, des armes futuristes, un voyage temporel et une ambiance post-apocalyptique.
En pratique, Rampage est un jeu lourd, répétitif et parfois frustrant.
The Terminator: Rampage

Créateur
Bethesda Softworks
Année de sortie
1993
Genre
FPS, action, corridor crawler
Éditeur
Bethesda Softworks
Plateforme
DOS
Catégorie
Terminator, Skynet, voyage temporel, machines, base militaire, science-fiction, post-apocalypse, licence cinéma
Bethesda, Terminator et les FPS avant Arena
Quand on pense à Bethesda, on pense rarement à un FPS Terminator de 1993. Et pourtant, avant de devenir un nom majeur du RPG occidental, Bethesda a développé plusieurs jeux liés à la licence Terminator.
The Terminator: Rampage arrive après d’autres adaptations Bethesda, notamment The Terminator et The Terminator 2029.
Ce contexte est important. Rampage n’est pas un petit essai isolé. C’est un épisode d’une période où Bethesda tente d’exploiter une licence forte avec des moteurs maison, des idées techniques et une vraie envie de faire de la 3D sur PC.
Le problème, c’est que 1993 est une année très difficile pour les FPS moyens. Doom arrive, Wolfenstein 3D a déjà imposé une base claire, et les joueurs commencent à comparer tous les jeux en vue subjective avec les productions d’id Software.
Dans ce paysage, The Terminator: Rampage a du mal à exister.
Une histoire de voyage temporel et de Meta-Node
Le scénario reprend les grands ingrédients de Terminator : futur détruit, Skynet, voyage temporel, menace robotique et commando envoyé pour éviter une catastrophe.
Skynet envoie un Meta-Node dans le passé pour prendre le contrôle d’un centre de recherche Cyberdyne et installer des unités capables de construire des machines tueuses. Les humains envoient alors un résistant dans le passé pour empêcher ce plan.
L’idée est honnête. Elle donne une raison d’explorer un complexe rempli de machines et de chercher à détruire une menace technologique avant qu’elle ne condamne l’humanité.
Mais dans le jeu lui-même, l’histoire passe rapidement au second plan. Rampage est avant tout une succession d’étages, de couloirs, d’ennemis mécaniques, de portes, d’armes et de morceaux d’équipement à retrouver.
On est loin de la tension du film. On est plus proche d’un FPS de labyrinthe qui porte un costume Terminator.

Un FPS en labyrinthe plus proche de Wolfenstein que de Doom
The Terminator: Rampage appartient clairement à la famille des FPS post-Wolfenstein.
On avance dans des niveaux composés de couloirs, de pièces, de portes et d’angles droits. Le jeu essaie de surfer sur la vague Wolfenstein 3D, avec de nombreux étages à nettoyer et la possibilité de passer de l’un à l’autre sans restriction.
Cela donne une expérience assez brute. Le joueur explore, tire, cherche des clés ou des objectifs, puis continue. La licence Terminator donne un habillage intéressant, mais la structure reste très répétitive.
Le souci, c’est qu’en 1993, Doom change déjà les attentes. Les joueurs découvrent des niveaux plus riches, plus rapides, plus variés. Rampage, lui, garde une structure beaucoup plus rigide, avec une sensation de labyrinthe métallique qui finit vite par tourner en rond.
Des étages à nettoyer, encore et encore
L’un des éléments les plus marquants de Rampage, c’est sa structure en étages.
Le joueur progresse dans un immense complexe. Il peut passer d’un étage à l’autre et doit nettoyer les zones, trouver des éléments importants et survivre aux machines. Ce système donne au jeu une petite dimension d’exploration persistante. Ce n’est pas simplement un niveau, une sortie, puis le suivant.
Sur le papier, c’est intéressant. Cela pourrait donner un sentiment d’infiltration dans une base immense. En pratique, les lieux se ressemblent beaucoup trop. Les couloirs, les textures et les portes créent une sensation de déjà-vu permanente.
Le jeu peut alors devenir fatigant. On ne se demande plus “qu’est-ce que je vais découvrir ?”, mais plutôt “est-ce que je suis déjà passé ici ?”.
C’est l’un des gros problèmes de Rampage : il a de l’ambition dans sa structure, mais pas assez de variété dans son exécution.
Des ennemis mécaniques, mais peu de vraies sensations
La licence Terminator donne évidemment envie d’affronter des machines inquiétantes. Rampage propose plusieurs types d’ennemis : drones, sphères explosives, T-800, gros robots et autres menaces mécaniques.
Le concept fonctionne bien sur le papier. Des machines qui avancent dans des couloirs, des tirs, une menace froide et métallique : tout cela colle à Terminator.
Mais les sensations ne suivent pas toujours. Les ennemis demandent souvent beaucoup de tirs. Les munitions peuvent sembler rares. Le feedback n’est pas toujours satisfaisant. Et quand un T-800 devient surtout un sac à points de vie, la peur laisse place à la lassitude.
C’est dommage, car la licence Terminator repose justement sur une idée forte : la machine est implacable. Dans Rampage, elle est surtout longue à éliminer.

Le VTEC, l’arme à assembler
Rampage tente tout de même d’ajouter un objectif fort avec le VTEC, une arme très puissante dont les pièces sont dispersées dans les niveaux.
C’est une bonne idée. Au lieu de simplement avancer et tirer, le joueur a une motivation supplémentaire : retrouver les composants d’une arme capable de faire basculer la partie.
Cela donne un côté chasse au trésor technologique. On explore les étages, on cherche les fragments, on espère finir par assembler quelque chose de vraiment destructeur.
Malheureusement, la qualité de l’exploration limite l’intérêt de cette mécanique. Quand les niveaux se ressemblent trop, chercher les morceaux du VTEC peut devenir plus pénible que stimulant.
L’idée mérite d’être notée, mais elle aurait eu besoin d’un level design beaucoup plus clair pour vraiment fonctionner.
Une technique ambitieuse, mais pas assez fluide
The Terminator: Rampage veut impressionner.
Sa boîte mettait en avant des termes très vendeurs pour l’époque, comme “virtual reality”, “full screen”, “3-D” ou “360°”. Le jeu propose bien un affichage plein écran, des textures au sol et au plafond, ainsi que des mains mieux animées que dans Wolfenstein 3D. Mais il garde aussi de fortes limites : hauteur unique, angles à 90 degrés, sprites toujours tournés vers le joueur.
C’est là que le jeu devient intéressant à analyser.
Bethesda ne se contente pas de copier le moteur de Wolfenstein. Le studio utilise son propre moteur. Il veut faire plus, afficher davantage de détails, donner une impression plus moderne.
Mais la performance ne suit pas toujours. On peut signaler une animation très saccadée, avec des options permettant de retirer textures et détails pour accélérer l’affichage.
Ce problème est essentiel. Un FPS repose énormément sur la fluidité. Si le jeu rame, si les rotations sont lourdes, si les ennemis demandent trop de tirs, l’action perd vite son impact.
Rampage veut être plus technique que Wolfenstein, mais il n’a pas l’élégance de Doom.
Version disquette et version CD-ROM
The Terminator: Rampage existe en version disquette et en version CD-ROM.
La fiche de MobyGames précise aussi que la version CD contient des cinématiques supplémentaires, dont une introduction étendue, mais que le jeu reste autrement identique à la version disquette.
C’est typique de cette période de transition. Les jeux PC commencent à utiliser le CD-ROM pour ajouter des séquences vidéo, des musiques ou des présentations plus riches. Mais le gameplay, lui, reste souvent le même.
Pour Rampage, la version CD apporte donc surtout du contexte et de l’habillage. Elle ne corrige pas les problèmes de fond : la répétition, la lourdeur et le manque de rythme.

Un jeu sous licence qui manque de mise en scène
The Terminator est une licence forte. Elle évoque immédiatement des poursuites, des machines infiltrées, une menace invisible, un futur écrasé et une tension permanente.
Rampage utilise certains de ces éléments, mais il peine à les transformer en vraie mise en scène.
On combat des robots, on explore une installation, on suit un scénario de voyage temporel. Pourtant, on ressent rarement le poids dramatique de Terminator. Le jeu reste très mécanique : couloir, ennemi, porte, munitions, étage suivant.
Il manque peut-être ce qui faisait la force du premier Terminator de Bethesda en 1991 : une structure plus ouverte, plus surprenante, plus ambitieuse dans sa manière de représenter Los Angeles. Rampage se replie sur le FPS de labyrinthe, et ce choix rend la licence plus étroite.
Le résultat n’est pas absurde. Terminator peut très bien devenir un FPS. Mais ici, la licence ressemble parfois plus à une décoration qu’à une vraie expérience Terminator.
Bethesda juste avant The Elder Scrolls
Il y a un détail amusant dans l’histoire de Rampage : il sort à une période charnière pour Bethesda.
Cela donne une lecture intéressante. Rampage appartient à la Bethesda d’avant la grande identité RPG. Une Bethesda encore en recherche, qui fait des jeux de sport, des jeux sous licence, des expérimentations techniques et des moteurs maison.
Un an plus tard, Arena donnera une autre direction au studio. Mais Rampage montre déjà un goût pour les grands espaces labyrinthiques, les lieux à explorer, les systèmes techniques un peu ambitieux, même quand tout ne fonctionne pas parfaitement.
Ce n’est pas un ancêtre direct des Elder Scrolls, évidemment. Mais c’est une pièce de la même période expérimentale.
Ce qui a bien vieilli
Le premier point qui fonctionne encore, c’est la curiosité historique. Voir Bethesda s’attaquer à Terminator dans un FPS DOS de 1993 a quelque chose de fascinant.
Le deuxième point, c’est l’ambiance technologique. Les couloirs métalliques, les machines, les armes et le contexte Skynet donnent un vrai cadre de science-fiction.
Le troisième point, c’est l’idée du VTEC à assembler. Même si elle n’est pas parfaite, elle donne un objectif supplémentaire à l’exploration.
Le quatrième point, c’est le lien avec une période très précise du PC : les FPS entre Wolfenstein 3D et Doom, quand beaucoup de studios tentaient encore de trouver leur propre formule.
Rampage n’est pas un grand jeu, mais il raconte très bien cette période.
Ce qui a mal vieilli
The Terminator: Rampage a surtout mal vieilli sur le confort.
Le jeu est lent. Les niveaux se ressemblent. Les ennemis encaissent beaucoup. Les munitions peuvent manquer. La fluidité n’est pas toujours bonne. La progression peut devenir confuse.
Le level design, des dédales de couloirs qui se ressemblent, des ennemis trop nombreux, des ressources trop rares et des T-800 très difficiles à détruire dans les niveaux supérieurs.
Le jeu souffre aussi de la comparaison avec Doom. Même s’il ne faut pas juger tous les FPS de 1993 uniquement à travers Doom, c’est impossible à éviter. Rampage paraît plus lourd, plus rigide et moins inventif.
Enfin, il manque une vraie montée en tension. Pour un jeu Terminator, c’est dommage.
Verdict Pixel Disquette
The Terminator: Rampage mérite-t-il encore d’être lancé aujourd’hui ?
58%
Note générale
Points forts
- Bonne curiosité historique.
- Ambiance science-fiction cohérente avec la licence.
- Idée intéressante du VTEC à assembler.
- Version CD-ROM avec cinématiques supplémentaires.
Points faibles
- Niveaux très répétitifs.
- Labyrinthes fatigants.
- Animation et fluidité problématiques.
- Munitions et bonus parfois trop rares.
- Peu de vraie mise en scène Terminator.
Prise en main actuelle
Le principe est simple à comprendre, mais la progression, les niveaux répétitifs, la rareté des ressources et le manque de fluidité peuvent vite décourager.
Pour qui ?
Pour les fans de Terminator et les curieux de l’histoire de Bethesda.
The Terminator: Rampage est-il un jeu DOS ?
Oui. The Terminator: Rampage est sorti sur DOS en 1993. MobyGames liste le jeu comme développé par Bethesda Softworks et sorti sur DOS.
Qui a développé The Terminator: Rampage ?
Le jeu a été développé par Bethesda Softworks. MobyGames liste Bethesda Softworks comme développeur et éditeur, avec Softgold Computerspiele comme éditeur pour certaines versions allemandes.
The Terminator: Rampage est-il lié à The Terminator 2029 ?
Oui. Le jeu fait partie de la série Terminator développée par Bethesda. MobyGames le présente comme le troisième jeu Terminator sous licence de Bethesda, et My Abandonware le décrit aussi comme un épisode lié à cette série.
The Terminator: Rampage ressemble-t-il à Wolfenstein 3D ?
Oui. Le jeu reprend une structure de FPS en labyrinthe très marquée par Wolfenstein 3D. Abandonware France le décrit comme l’un des nombreux jeux qui tentaient de surfer sur la vague Wolfenstein 3D.
La version CD-ROM change-t-elle le jeu ?
Pas vraiment. MobyGames indique que la version CD-ROM contient des cinématiques supplémentaires, comme une introduction plus longue, mais que le jeu reste autrement identique à la version disquette.
The Terminator: Rampage est-il un bon jeu pour découvrir les FPS DOS ?
Non, pas en priorité. Pour découvrir les FPS DOS, mieux vaut commencer par Doom, Wolfenstein 3D, Blake Stone ou Duke Nukem 3D. Rampage est plutôt à tester ensuite, comme curiosité Bethesda et Terminator.
Sources et références
- MobyGames, fiche The Terminator: Rampage
- MobyGames, sorties The Terminator: Rampage
- MobyGames, spécifications techniques
- Abandonware France, fiche The Terminator: Rampage
- Retro Archives, fiche The Terminator: Rampage
- My Abandonware, fiche The Terminator: Rampage
- PCGamingWiki, fiche The Terminator: Rampage
- Terminator Wiki, fiche The Terminator: Rampage