image de couverture de la boite du jeu Toonstruck

Top 10 des jeux PC rétro oubliés qui méritaient mieux

Certains jeux disparaissent parce qu’ils étaient mauvais. D’autres disparaissent alors qu’ils avaient tout pour rester dans les mémoires : une bonne idée, une vraie personnalité, un bon accueil critique, mais pas assez de ventes, pas de suite, ou simplement pas le bon timing.

Ici, on parle de jeux qui ont brillé, parfois très fort, puis qui se sont un peu évaporés.

10. Albion

image de couverture de la boite du jeu Albion

Créateur

Blue Byte

Sortie

1995

Genre

RPG

Éditeur

Blue Byte

Support

MS-DOS

NOTE

76%

Albion, c’est le genre de RPG que l’on cite rarement en premier, mais qui revient souvent dans les discussions de passionnés. Le jeu mélange science-fiction, fantasy, exploration, combats au tour par tour et vue à la première personne selon les phases.

Il n’a pas eu l’impact d’un Ultima, d’un Might and Magic ou plus tard d’un Baldur’s Gate. Pourtant, son univers avait une vraie identité. Une planète étrange, une civilisation féline, un ton plus posé que beaucoup de RPG de l’époque : il y avait de quoi construire une vraie série.

Mais non. Albion est resté seul, comme un gros roman de SF oublié au fond d’une bibliothèque DOS.


9. Darklands

image de couverture de la boite du jeu Darklands

Créateur

MicroProse

Sortie

1992

Genre

RPG historique / fantasy médiévale

Éditeur

MicroProse

Support

MS-DOS

NOTE

78%

Darklands est un cas particulier. À sa sortie, il a été salué pour son ambition, mais aussi critiqué pour ses bugs et son côté parfois répétitif. Avec le temps, il a gagné une vraie réputation de RPG culte.

Son idée était excellente : proposer une aventure dans le Saint-Empire romain germanique du XVe siècle, mais vu à travers les croyances de l’époque. Donc oui, les saints, les démons, l’alchimie et les créatures surnaturelles existent vraiment dans le jeu.

C’est dense, un peu rude, mais franchement unique. On imagine facilement ce que pourrait donner un Darklands moderne avec une interface plus claire et moins de lourdeurs.


8. Azrael’s Tear

image de couverture de la boite du jeu Azrael's tear

Créateur

Intelligent Games

Sortie

1996

Genre

Aventure 3D / exploration / énigmes

Éditeur

Mindscape

Support

MS-DOS

Catégorie

Jeu classique, jeu d’exception

Azrael’s Tear est une aventure en 3D, une ambiance mystérieuse, le Saint Graal, les Templiers, une interface pas toujours évidente, mais une vraie atmosphère.

Le jeu n’était pas fait pour tout le monde. Même les critiques de l’époque soulignaient une prise en main parfois contre-intuitive. Mais ceux qui entraient dedans pouvaient y trouver une aventure étrange, ambitieuse et assez hypnotique.

C’est typiquement le jeu qui aurait pu devenir culte avec une meilleure accessibilité. À la place, il est devenu une curiosité pour fouilleurs de vieux CD-ROM.


7. Bad Mojo

image de couverture de la boite du jeu Bad mojo

Créateur

Pulse Entertainment

Sortie

1993

Genre

Aventure / puzzle / expérimental

Éditeur

Acclaim Entertainment

Support

Windows, Macintosh

NOTE

79%

Dans Bad Mojo, vous êtes transformé en cafard. Voilà. Rien que le concept suffit à comprendre pourquoi le jeu est resté à part.

Le joueur explore un appartement sale, dangereux, presque organique, vu depuis le sol. Il faut penser comme un insecte, éviter les dangers énormes du quotidien et résoudre des énigmes sans jamais redevenir un héros classique.

C’est bizarre, un peu répugnant, mais aussi très malin. Le jeu a connu une version Redux, mais jamais de vraie suite. En même temps, comment vendre une franchise entière autour d’un cafard traumatisant ?


6. Sanitarium

image de couverture de la boite du jeu Sanitarium

Créateur

DreamForge Intertainment

Sortie

1998

Genre

Aventure point-and-click horrifique / psychologique

Éditeur

ASC Games

Support

Windows

NOTE

80%

Sanitarium aurait pu devenir une référence durable du jeu d’horreur narratif. Le joueur incarne un homme amnésique qui se réveille dans un asile, avant de traverser plusieurs mondes déformés, malsains et symboliques.

Le jeu a été bien accueilli, vendu correctement, et il reste encore aujourd’hui une référence pour les amateurs d’aventures sombres. Mais il n’a jamais donné naissance à une suite. Pas de vraie saga, pas de relance massive, pas de grande exploitation de son univers.

Il est resté comme un cauchemar isolé. Ce qui lui va bien, quelque part.


5. Obsidian

image de couverture de la boite du jeu Obsidian

Créateur

Rocket Science Games

Sortie

1997

Genre

Aventure / puzzle façon Myst

Éditeur

SegaSoft

Support

Windows, Macintosh

NOTE

85%

Obsidian fait partie de ces jeux d’aventure qui voulaient surfer sur la vague Myst, mais avec une personnalité beaucoup plus étrange. Le jeu propose des mondes surréalistes, des énigmes parfois tordues, une ambiance onirique et une vraie direction artistique.

Il est souvent décrit comme un jeu qui aurait mérité d’être beaucoup plus connu. Un commentaire MobyGames le résume très bien : le jeu qui aurait dû être aussi populaire et acclamé que Myst, mais qui ne l’a pas été.

Le souci, c’est que le marché était saturé de jeux d’aventure en images précalculées. Obsidian était bon, mais il est arrivé dans une foule de CD-ROM mystérieux, ésotériques et pleins de puzzles.


4. Toonstruck

image de couverture de la boite du jeu Toonstruck

Créateur

Burst Studios

Sortie

1996

Genre

Aventure point-and-click cartoon

Éditeur

Virgin Interactive Entertainment

Support

MS-DOS, Windows

NOTE

86%

Toonstruck avait tout pour devenir culte : Christopher Lloyd en acteur réel, un monde cartoon déjanté, une ambiance entre dessin animé pour enfants et humour plus adulte, et une production très ambitieuse.

Le jeu a été bien reçu, mais il n’a pas trouvé le public qu’il méritait. Une suite, ou plutôt la seconde partie du contenu prévu, a longtemps été évoquée, mais elle n’est jamais sortie. Des fans continuent même de s’intéresser à ce fameux Toonstruck 2 jamais publié.

C’est frustrant, parce que Toonstruck avait une vraie identité. Il aurait pu devenir la grande aventure cartoon du PC. À la place, il est devenu le genre de nom qui fait dire : “Ah oui, celui-là, il était vraiment bien.”


3. Terra Nova: Strike Force Centauri

image de couverture de la boite du jeu Terra nova : strike force centauri

Créateur

LookingGlass Technologies

Sortie

1996

Genre

FPS tactique / Simulation

Éditeur

LookingGlass Technologies

Support

MS-DOS

NOTE

84%

Terra Nova est probablement l’un des grands “et si ?” du PC des années 90. Développé par LookingGlass, le studio derrière des jeux aussi importants que Ultima Underworld ou System Shock, il proposait un FPS tactique en escouade, en extérieur, avec des combinaisons de combat futuristes.

Le jeu a été salué pour ses idées et son avance sur certains aspects du FPS tactique. Mais il coûtait cher, demandait une grosse machine, et ses ventes n’ont pas suffi. Malgré plus de 100 000 exemplaires vendus, il n’a pas remboursé ses coûts et les plans de suite ont été abandonnés.

Aujourd’hui, on le regarde comme un ancêtre possible de tout un pan du FPS tactique. Sauf que la branche s’est coupée trop tôt.


2. The Last Express

image de couverture de la boite du jeu The last express

Créateur

Smoking Car Productions

Sortie

1997

Genre

Aventure narrative en temps réel

Éditeur

Brøderbund

Support

MS-DOS, Windows, Macintosh

NOTE

82%

The Last Express est l’un des jeux les plus fascinants de cette liste. Créé par Jordan Mechner, déjà connu pour Prince of Persia, il se déroule dans l’Orient-Express juste avant la Première Guerre mondiale.

Son idée forte : le temps continue d’avancer. Les personnages vivent leur propre vie, se déplacent, discutent, changent d’endroit. Le joueur doit observer, écouter, agir au bon moment. C’est brillant, mais aussi très exigeant.

Le jeu a reçu d’excellentes critiques, mais il a été un échec commercial. GameDeveloper le présente comme un classique culte et un échec commercial, et plusieurs sources rappellent qu’il est vite devenu difficile à trouver après sa sortie.


1. Realms of the Haunting

image de couverture de la boite du jeu Realms of the haunting

Créateur

Gremlin Interactive

Sortie

1996

Genre

FPS / aventure / horreur / FMV

Éditeur

Interplay Productions

Support

MS-DOS

NOTE

84%

Realms of the Haunting mérite la première place parce qu’il coche presque toutes les cases du jeu PC rétro oublié qui aurait dû laisser une plus grande trace.

C’est un mélange improbable de FPS, d’aventure, d’horreur, de puzzles et de cinématiques FMV. Sur le papier, ça pourrait sentir le jeu bancal. En pratique, beaucoup de joueurs et critiques y voient une expérience très riche, atmosphérique et ambitieuse. MobyGames lui donne 84 % de moyenne critique, et certaines sources mentionnent une moyenne GameRankings de 92 %.

Le plus frustrant, c’est qu’une suite était déjà envisagée. D’après GamesRadar, Paul Green travaillait déjà sur une suite, mais les ventes décevantes ont fait disparaître cette possibilité.

Voilà pourquoi il est numéro 1 : ce n’est pas seulement un bon jeu oublié. C’est un jeu très bien accueilli, original, massif, étrange, avec un vrai potentiel de série… et qui s’est arrêté là.

Mentions honorables

The Dig

image de couverture de la boite du jeu The dig

Date de sortie : 1995
Développeur : LucasArts
Éditeur : LucasArts
Supports PC : MS-DOS, puis Windows pour certaines rééditions
Genre : aventure point-and-click de science-fiction
Licence / série : jeu original, pas de suite directe
Accueil repère : 83 % de moyenne critique sur MobyGames.

The Dig aurait pu entrer dans le top. C’est un très bon LucasArts, plus sérieux et contemplatif que Monkey Island ou Day of the Tentacle. Je le laisse en mention honorable parce qu’il reste assez connu chez les amateurs de point-and-click, et parce que le nom LucasArts lui donne encore une visibilité que d’autres jeux de la liste n’ont pas.

Full Throttle

image de couverture de la boite du jeu Full throttle

Date de sortie : 1995
Développeur : LucasArts
Éditeur : LucasArts
Supports PC : MS-DOS, Macintosh, puis rééditions modernes
Genre : aventure point-and-click
Licence / série : jeu original, pas de suite directe publiée
Accueil repère : 83 % de moyenne critique sur MobyGames, avec une forte réputation de classique LucasArts.

Full Throttle a disparu comme série, mais pas vraiment comme souvenir. C’est encore un jeu très aimé, souvent cité parmi les grands LucasArts. Il colle donc moins à l’idée de “jeu oublié”, même si l’absence de suite reste franchement dommage.

Tyrian

image de couverture de la boite du jeu Tyrian

Date de sortie : 1995
Développeur : Eclipse Productions
Éditeur : Epic MegaGames
Support PC : MS-DOS
Genre : shoot’em up vertical
Licence / série : jeu original, avec une version enrichie Tyrian 2000, mais pas de vraie suite traditionnelle
Accueil repère : 4,1/5 côté joueurs sur MobyGames, malgré une moyenne critique plus modeste.

Tyrian est un cas un peu particulier. Les critiques recensées ne sont pas toutes dithyrambiques, mais chez les joueurs DOS, il a gardé une excellente réputation. Tyrian 2000 est surtout une réédition enrichie avec un épisode supplémentaire, pas une vraie suite classique.

Je le garde en mention honorable parce qu’il est plus culte que vraiment oublié chez les amateurs de shareware PC.

Conclusion

Le PC rétro est rempli de séries cultes, mais ses jeux uniques racontent souvent des histoires encore plus intéressantes.

Terra Nova aurait pu lancer une lignée de FPS tactiques en escouade. Toonstruck aurait pu devenir une grande saga cartoon. The Last Express aurait pu ouvrir une nouvelle voie pour le jeu narratif. Realms of the Haunting aurait pu avoir une suite et devenir une référence de l’horreur hybride.

Mais le PC des années 90 était brutal. Il fallait vendre vite, suivre les modes, survivre à la transition vers la 3D, à la mort du point-and-click classique, à l’arrivée de Windows, et à des exigences techniques parfois énormes.

Ces jeux n’ont pas tous disparu parce qu’ils étaient trop faibles. Certains ont disparu parce qu’ils étaient trop étranges, trop ambitieux, ou simplement trop en avance pour trouver leur public.

Et c’est exactement pour ça qu’ils méritent d’être redécouverts aujourd’hui.

Sources

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